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Saisons

Quand partir à Marrakech : le mois par mois, et la vraie température de l'eau

Septembre est le meilleur mois de l'année, et avril est un piège. Températures NOAA, pluie réelle, et le seul sujet que personne ne traite honnêtement : l'eau d'une piscine non chauffée.

Mis à jour le 2026-08-23 4 min de lecture Par Les Dars de Marrakech

La piscine privée de 2 mètres sur 4 et la pelouse de Dar Djinou, sous les arcades terracotta

Septembre est le meilleur mois de l'année à Marrakech. L'air est retombé à 32,5 degrés, l'eau des piscines garde encore la chaleur de l'été, les nuits sont à 18,6 degrés et il pleut 1,3 jour dans le mois. Avril est un piège : les journées sont splendides et l'eau d'un bassin non chauffé tourne autour de 18 à 22 degrés.

Le reste de cet article détaille pourquoi, avec les chiffres.

Le tableau, sans arrondi

Normales officielles NOAA sur la période 1991 à 2020. Les jours de pluie comptent les journées à plus d'un millimètre.



Cumul annuel : 221 millimètres et 29 jours de pluie. Beaucoup de sites annoncent 61 jours : ils comptent la moindre trace. Pour quelqu'un qui réserve, la bonne valeur est 29.

Records absolus relevés : 49,6 degrés en juillet et moins 3,6 en janvier. Le gel existe, quelques nuits par hiver, davantage en périphérie qu'en médina.

La température de l'eau, et pourquoi personne n'en parle

Cherchez « température de l'eau à Marrakech » : vous tomberez sur des tables qui concernent la mer, donc Agadir ou Essaouira, à 250 kilomètres. Il n'existe aucune série de mesures publiée pour un bassin extérieur à Marrakech.

Deux données seulement sont défendables :

  • 18 à 22 degrés en avril pour une piscine non chauffée ;
  • une fenêtre utilisable sans chauffage de fin mai à début octobre.

Et une preuve indirecte qui vaut mieux que n'importe quel chiffre annoncé : toute l'hôtellerie marrakchie chauffe ses bassins d'octobre à avril. Personne ne dépenserait cette énergie sept mois par an si l'eau était baignable naturellement.

Les deux asymétries à connaître

Un bassin suit l'air avec deux à trois semaines de retard, et le retard ne joue pas dans le même sens aux deux saisons.

Au printemps, l'eau est en retard sur l'air. C'est ce qui rend avril et le début mai systématiquement décevants. On regarde le thermomètre, on voit 26 degrés, on met un maillot, on ressort au bout de quatre minutes.

À l'automne, l'eau est en avance sur l'air. Septembre et le début d'octobre profitent de l'inertie de l'été. C'est le seul moment de l'année où tout converge.

Un détail technique que les loueurs taisent

Au-delà de 28 degrés, l'eau devient un milieu propice aux bactéries et le chlore perd fortement son pouvoir désinfectant, avec une chute nette à partir de 30. En juillet et août, un bassin découvert à Marrakech dépasse ces seuils. Le traitement de l'eau n'est alors pas optionnel, il est quotidien. Si vous louez en plein été, c'est une question légitime à poser à votre hôte.

Autre effet peu connu : l'air sec est le premier poste de perte de chaleur. Avec 47 % d'humidité en juillet et un ciel nocturne dégagé, un bassin découvert perd chaque nuit une grande part de ce qu'il a gagné le jour. C'est pour ça qu'une simple bâche à bulles posée le soir gagne plusieurs degrés en mi-saison, pour un coût sans rapport avec un chauffage.

Les trois fenêtres françaises

Vacances de Pâques, fin mars à mi-avril

Air à 23,6 puis 25,7 degrés, 9 heures de soleil, 3 à 5 jours de pluie. Splendide pour visiter, mauvais pour la piscine. C'est la fenêtre où l'écart entre l'attente et la réalité est le plus grand, et c'est de là que viennent la plupart des avis déçus de mi-saison.

Prévoyez un pull. Le minimum d'avril est à 12,4 degrés : après une journée à 26, les soirées en terrasse sont franchement fraîches.

Toussaint, fin octobre à début novembre

Air de 28,5 à 23,1 degrés, très agréable pour marcher dans la médina et pour l'Atlas. L'eau est tiède au tout début et froide dès la mi-novembre. Excellente période de séjour, mauvaise fenêtre pour un argument piscine.

Noël et Nouvel An

Journées douces et lumineuses à 20 degrés, nuits froides à 7 puis 6 degrés, gelée possible. L'eau tourne autour de 13 degrés : la piscine est décorative. Ce qui compte sur cette période, c'est le chauffage intérieur, et c'est ce que disent les avis.

Le chergui, le vent qu'on ne voit pas venir

Le chergui est un vent d'est très chaud et très sec, né derrière l'Atlas et redescendu totalement asséché sur la plaine. Il souffle surtout en juillet et août, avec un maximum pendant les quarante à cinquante jours qui suivent le solstice d'été.

Son effet : la température peut monter de 10 degrés en quelques heures et dépasser 45. L'air se charge de poussière de sable et les nuits restent chaudes pendant l'épisode. Une terrasse devient inutilisable en journée, le sommeil se dégrade sans climatisation, et l'évaporation de la piscine s'emballe.

Ça ne se prévoit pas à trois mois. Ça se gère : rester à l'intérieur ou dans l'eau, décaler les sorties au lever et au coucher du soleil.

Notre recommandation, par usage

  • Vous venez pour la piscine et le repos : septembre, puis juin, puis début octobre.
  • Vous venez pour visiter la ville : mars à mai, octobre et novembre.
  • Vous venez avec des enfants : septembre et octobre, puis avril à début juin en acceptant que la piscine soit froide.
  • Vous venez pour l'Atlas ou le désert : mars à mai et septembre à novembre. Juin à août dépasse 45 degrés dans le désert.
  • Vous cherchez le prix bas : janvier est le mois le moins cher à l'aller comme sur place, et juillet à août est un creux de fréquentation malgré la chaleur. Une piscine privée est précisément ce qui rend cette période vivable.

Le seul mois où la piscine, la ville, la montagne et le désert convergent, c'est septembre. Si vous avez le choix de vos dates, prenez-le.

La maison qui a servi à écrire ceci

Dar Djinou, trois chambres et une piscine privée, à dix kilomètres de la place Jemaa el-Fna.

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